Jour 21: faux plat à Skadar

Aujourd’hui tout commence par un gros et long petit déjeuner à l’ombre des platanes. Nous louons des vélos pour la journée et achetons un picnic pour tenir le coup quoi qu’il arrive 🙂 nous nous engageons sur la route des vins, route d’une quinzaine de km censée faire une boucle. Il fait chaud… Nous nous arrêtons 3 ou 4km après notre départ chez un vigneron où nous serons au frais ! Il vend du miel.. Et du vin évidemment 😉 pas un mot d’anglais, notre monténégrin sommaire fera l’affaire pour échanger quelques mots et visiter, et repartir avec une bouteille de vin blanc on ne sait trop comment. Nous faisons une pause à l’ombre non loin d’une maison, où de jeunes monténégrins nous inveteront à boire le café avec eux. L’esprit de partage est vraiment plus présent que chez nous. Ils nous parlent d’une rivière à 5km d’ici dans laquelle on peut se baigner. Il fait vraiment trop chaud pour continuer sur cette route, alors direction la rivière sous un soleil de plomb. C’est la perspective d’une baignade qui nous motive. Mais nous allons vite déchanter, en descendant une côte qui nous paraît interminable et qui devra forcément être remontée à un moment où à un autre. Mais surtout, nous longeons une rivière asséchée où les seuls points d’eau sont stagnants et verts foncés… On continue, on continue, avec un espoir décroissant. Au moment d’abandonner, deux françaises (he oui il y en a vraiment partout au montenegro) débarquent cheveux mouillés en maillot de bain. La source de la rivière est à 5 min !! Et dire que nous avons failli abandonner si près du but ! Un pont en béton, un petit carré d’eau où se baigne un groupe de montenegrins, et hop nous voilà dans l’eau fraîche :)))) nous nous rendons compte que nous ne sommes pas loin d’une ferme dont nous avons rencontré le propriétaire, qui avait l’air sympa, alors on y va et nous arrivons dans un petit paradis terrestre, créé par un moine, qui sans mauvais jeu de mot, est beau comme un dieu !! Des fleurs partout, une cuisine et une douche extérieures, des chevaux, chats, lapins, cochons, poules… On y passera 2h à boire le café avec lui et le gérant, un jeune cow-boy diplomé de finances qui a choisi de ne pas passer sa vie dans un bureau. Après cette pause bien agréable, nous reprenons la route des vins (toujours censée être une boucle) sous une chaleur plus supportable. C’est reparti.. La côte à reminter est bien plus petite qu’il n’y paraissait, c’est fou la distorsion des perceptions sous la chaleur, qui nous avait anéanties au départ. Au bout de 6km, plus de vignerons mais une route vierge au beau milieu de la forêt, avec un faux plat constant. Même pas peur, on continue, confiantes, en plus les bleds correspondent à notre petit flyer. Des chiens sur la route me tétanisent, décidemment, j’ai l’impression qu’à chaque fois que j’enfourche un vélo à l’étranger ça finit mal ! 🙂 un clebs va même courser Manon sur quelques mètres.. Quant à notre faux plat, qui dure depuis au moins 8 bornes, ça commence à nous pomper l’air. Nous demandons à deux voitures que nous croisons que Virpazar est bien de l’autre côté de la boucle. Pas du tout.. Alors tant pis, on rebrousse chemin et on va le descendre ce faux plat. Recroisant ces foutus chiens qui me font plus peur que les serpents du lac. La prochaine fois c’est moto !!! Au retour, un bon verre en terrasse au soleil sera salvateur, sans chiens. Nous croisons un papi, fusil à la main, se baladant tranquillement dans la rue.

Le soir sera également folklorique, car la guesthouse étant pleine, nous dormons dans la chambre de papi et mamie (qui ont bien plus que 60 ans 😉 ndlr). Pas de ventilo, pas de clim, des thermites qui rongent le parquet, le voisin qui répare son toit, la nuit sera chauuude et longue.

Jour 22: l’immensité

Aujourd’hui c’est notre dernier jour plein avant de repartir pour Podgorica. La nostalgie nous habite… Un long tour en bateau sur le lac Skadar et ses rivières bordées d’innombrables nénuphars nous fera le plus grand bien. Au milieu de ces belles montagnes, nous voguerons au milieu des hérons, poules d’eau, mouettes et d’une multitude d’oiseaux inconnus. Ce lac est immense et regorge d’îles, de petits recoins escarpés, mais aussi de grandes étendues d’eau qui coulent jusqu’en Albanie. Nous visiterons un minuscule monastère intact depuis le XIVème siècle, aux peintures murales superbes, gardé par un âne. La clé est cachée sur une poutre, c’est marrant. Une dernière baignade… Et voilà. Il nous reste l’après-midi, après deux copieux « popeci », escalopes de porc panées au fromage, léger quoi 🙂

La chaleur une fois de plus nous rend amorphes, une petite sieste à l’ombre sera appréciable avant de repartir se balader aux alentours de la ville, en haut d’une colline, voir les ruines et le soleil qui se couche lentement sur les montagnes. On déprime à la terrasse d’un café, pensant à cette journée qui prend fin, à ce beau voyage qui est passé si vite, à notre retour, à nos vies et envies de changement. Une coupure générale d’électricité animera ce moment ! Demain probablement pas d’article. Après le petit-dej avec papi et mamie, nous irons visiter le village et peut-être la plage, une ultime fois avant de prendre le train qui nous amènera en moins d’une demi-heure à Podgorica.

Après-demain nous quittons le Monténégro et c’est avec un gros pincement dn coeur que nous prendrons l’avion. Ce pays si petit offrant de si nombreux contrastes, d’un climat similaire au nôtre et pourtant si dépaysant, encore vierge de certaines habitudes sociales, l’esprit indépendant et entreprenant nous manquera beaucoup. En bref, on a les boules.

Les portes de toilettes qui ne ferment pas, les chats partout, les bus aux horaires inconnus, les cafés turcs, la gentillesse et le partage, les changements de cendriers, les niksicko, le krstac, les doses énormes des restaurants affichées en grammes, les montagnes omniprésentes, l’immensité dans la petitesse, le Monténégro <3