Outre la déchirure de quitter l’Adriatique, c’est sans regrets que nous quitterons Petrovac. Après un resto où nous entendrons » pour que tu m’aimes encore » de Céline Dion repris par un groupe local, nous pourrons dormir sereinement 🙂 Bus jusqu’à Bar, café en attendant le train à côté de plusieurs types attablés seuls devant leur rakja à 8h, puis 25 minutes de train à peine et nous voilà à Virpazar, au bord du lac Skadar, le paysage a encore changé pour laisser place à de grandes montagnes vertes et la vaste étendue d’eau du lac, marécageuse sur ses berges. La température est devenue humainement supportable. Aussitôt sorties du train, où il n’y a rien d’autre que des rails et pas la ville espérée à l’horizon, nous sommes abordées par un type qui nous propose de nous emmener jusqu’en ville en voiture si nous écoutons des infos sur ses locations de bateau. Bon deal. Une fois en route, il interpelle 3 autres personnes, nous serons donc 6 + nos gros sacs dans sa voiture. Heureusement la ville n’est en fait pas loin. Descendues de la voiture, nous sommes prises en charge par une jeune femme qui nous invite à la suivre. Ça sent le traquenard commercial mais on ne risque pas grand chose alors nous cédons à la curiosité et l’écouterons religieusement lorsqu’elle nous installera à l’intérieur d’un petit salon vieillot, nous exposant les tours en bateaux, sans jamais en exposer les prix. Tout est possible, à condition de décider tout de suite, là maintenant, comme si demain Virpazar n’existait plus 🙂 und chambre ? Pas de problème ils ont aussi, car nous sommes… à l’hôtel Pelican, dont les méthodes douteuses sont si vantées sur internet. Nous n’avons toujours pas vu Virpazar et ne sommes franchement pas emballées, alors on s’en va. La traversée du village n’est guère plaisante, un petit pont sur lequel sont simplement posées des planches en bois pas vraiment rassurant permet de rejoindre l’autre rive, où nous utiliserons notre wifi pour décider de l’endroit où nous irons dormir ces 3 prochains jours, Virpazar n’ayant d’autre interet que d’être central et proche de la station de bus.

C’est sur le village de Godinje que nous jetterons notre dévolu, dans une petite guesthouse de 3 chambres tenue par une famille. La route, superbe au milieu des vignes, des montagnes et du lac est impraticable en bus, c’est donc en taxi que nous nous y rendrons pour 3€. Papi et mamie nous accueillent chaleureusement avec un verre de rakja 🙂 heureusement nous avons pris les devants et avons mangé un sandwich. Un couple de français traversant la Croatie, le Montenegro et l’Albanie en voiture est là aussi, et c’est avec eux que nous passerons tout l’après-midi. Nous descendrons vers le sud, à la frontière albanaise parmi les montagnes, tantôt vertes, tantôt lunaires, avec une vue resplendissante sur cet immense lac turquoise et les petites îles qui arborent sa côte. Il y a des stands de vin et de liqueur ça et là au milieu de nulle part, et aucun touriste, la riute étant d’une part bloquée pour toute personne n’ayant pas d’hébergement et d’autre part rebutant pas mal des conducteurs. Les virages sont en effet étroits et les ravins sont hauts. Nous pousserobs jusqu’au minuscule village de Murici où nous aurons le plaisir de trouver une grande plage déserte. Ça change !!! Nous prendrons une petite barque pour rejoindre l’île monastere en face. Sitôt débarquées, nous sommes accueillies par une nonne, qui nous propose de nous faire visiter les lieux. Hommes comme femmes, nous sommes obligés de revêtir une tenue informe bleue qui ressemble à une tenue d’hôpital. La visite va rapidement se métamorphoser en échange spirituel sur la foi, après que j’ai répondu que je ne suis ni baptisée ni croyante. Soeur Liliana sera alors ouverte, intriguée et un soupçon prosélyte mais l’échange sera très intéressant. Cela ne laissera par contre que peu de place à la visite de l’île elle-même, qui vaut pourtant le coup du peu que nous en voyons en grimpant sur un petit sommet. Elle nous offrira en guise d’adieu un jus pomme/ grenade maison délicieux.

Le port de la jupe au-dessus de nos vêtements nous ayant fait suer au sens propre, nous allons nous baigner, prudemment toutefois car à la question « y-a-t-il des serpents dans le lac » on nous répond « ils ne mordent pas ». Mouais….. Mais bon il fait chaud et finalement tout se passera bien. Le retour sera à nouveau somptueux parmi les tout petits villages et montagnes sous la lumière dorée du soleil couchant. Au loin, on aperçoit même les montagnes dont les silhouettes les unes derrière les autres forment des nuances d’ombres fascinantes.

Mamie nous attend à notre retour pour manger, et c’est un repas fastueux auquel nous aurons droit dans la cuisine familiale, sous son regard bienveillant. Soupe de poisson, carpe du lac marinée, salade et pommes de terre du jardin, c’est très bon. Papi nous jouera même un morceau de « gusle », mélange entre une guitare taillée en bois pour la forme, et un violon unicorde pour le son. Ce soir, c’est la nuit des étoiles alors nous finissons dans le jardin à observer le ciel. Demain, une nouvelle journée commence, nous allons tenter le vélo !

Désolée pour l’absence de réponses à vos commentaires, le temps file à une vitesse inimaginable et les wifi sont instables. D’où les photod moins nombreuses elles aussi. En tous cas merci, ça fait chaud au coeur de vous savoir avec nous !

Grosses bises de nous deux !