Jour 14: paisible Perast

Ça y est, nous quittons Herceg Novi pour rentrer un peu plus dans les bouches de Kotor. Direction Perast, que nous atteindrons en à peine une petite heure en bus. Perast est un village de 270 habitants, constitué d’une seule rue principale en bord de mer, toutes les maisons étant construites en hauteur, perdues dans un dédale d’escaliers. Que des maisons en vieilles pierres, 17 églises, des palais du XVIeme siècle et beaucoup de batisses abandonnées, tout ça concentré dans ce tout petit village paisible et calme, juste en face de Notre-Dame du récif, monastère ou église située sur un petit ilôt.

A peine arrivées, nous avons un coup de coeur. Il est encore tôt le matin et nous nous mettons à la recherche d’une chambre chez l’habitant, ce qui ne manque pas. Au bout de quelques tentatives, nous trouvons notre bonheur, dans notre budget, dans une grande maison en hauteur, avec une terrasse commune très fleurie, qui donne pile sur la mer. C’est une sorte de maison d’hôtes très agréable. Nous voilà dans un véritable havre de paix dans lequel nous resterons 3 nuits.

Il fait toujours une chaleur plombante, alors on va commencer par une baignade. Pas de plages privées mais de petits pontons pour certains à l’ombre des pins parasol. Cette quiétude et cette beauté me rappellent un peu Nauplie. Se baigner là est un vrai bonheur. En face, des montagnes toutes vertes, bordées de quelques maisons. À gauche, une immense et majestueuse chaîne montagneuse de roche qui s’illumine à la lueur du coucher de soleil sur un ciel orageux. J’ai du mal à réaliser que nous sommes bien là et regarde sans cesse mes pieds quand je fais la planche avec ces montagnes en arrière plan pour réussir à y croire. On est dans la carte postale, comme incrustées dans un tableau. Si l’eau n’était pas salée, on pourrait se croire au bord d’un grand lac bordé de montagnes.

Nous entreprenons ensuite la visite du village en nous enfilant dans les dédales d’escaliers, débouchant parfois sur un cul-de-sac, parfois sur d’immenses maisons abandonnées. Une atmosphère chargée règne dans ces ruelles où l’on sent tout ce qui a pu s’y passer. Nous nous sommes même fait littéralement pourchasser par un frelon !

Toute la fin de la soirée se déroulera au bord de l’eau, entre les étoiles, la lune, la ville éclairée et les montagnes. We love Perast !!!

Jour 15 : Kotor

Ce matin c’est une grosse pluie qui nous attendra au réveil. Malgré tout, la terrasse, protégée par des vignes suspendues reste très agréable. Nous prenons donc nos KWAY pour aller visiter Kotor. Idée pourrie, la chaleur et le soleil seront rapidement de retour, plus écrasants que jamais.

Arrivées à Kotor, un gigantesque paquebot costa croisières est à quai, plus gros que la ville. La ville, elle, est très belle, mais la vue des remparts haut perchés aux 1350 marches sous 40 degrés nous décourage quelque peu. Allons-y doucement, on va commencer par les ruelles, faire un plouf à la plage, boire un coup à côté du musée du chat, jouer avec des chatons et écumer quelques magasins de tourisme. Il fait toujours trèèèès chaud, Jacky n’a pas fondu, c’est déjà ça ! Mais nous allons nous lancer couragesement (ou ramper lamentablement) à l’assaut des remparts, armées de deux litres d’eau. On en chie ! 🙂 et on sue à grosses gouttes. Mais la récompense dépasse largement l’effort fourni. Tout au long du chemin la baie se dévoile un peu plus, les montagnes se dessinent. Avant d’arriver au fort situé au sommet, nous bifurquons sur un petit chemin qui mène de l’autre côté du flanc de la montagne. Et là c’est majestueux, encore. En une balade, en quelques heures ou en 15 jours, ce pays nous a apporté des surprises à chaque moment, chaque détour. Cette fois nous tombons face aux énormes montagnes rocailleuses qu’on voyait depuis Perast, mais là nous sommes dedans pile en dessous de la crête, c’est somptueux, de quoi se sentir tout petit, et se sentir bien. De ce côté là des remparts, règne un calme absolu, il n’y a absolument personne exceptées des chèvres qui gambadent paisiblement au milieu de ruines d’un ancien village et à côté d’une charmante petite église à l’abandon. Le soleil qui se couche illumine la montagne qui devient jaune vif, nous restons là, admiratives à profiter de cette beauté immense. Passées de l’autre côté des remparts, la vue est époustouflante elle aussi, au sommet des 1350 marches ! Ça se mérite quand même.. Cette fois c’est la mer et toute la baie de Kotor baignée dans une lueur rose oranger qui s’offre à nous. A couper le souffle. La descente de marches, un peu rude pour la voute plantaire de Manon, se fera baignée dans cette lumière, au son d’un saxophone jouant Summertime en contrebas dans la ville, accompagné par les grillons. Waow… Ce mays est décidemment magique.

Au retour, nous tournons tellement en rond en cherchant la sortie de la vieille ville que nous nous perdons. Nous attendons le bus face à un orage au loin, projetant des éclairs sur les montagnes. Puis nous revoilà au calme, que nous retrouvons avec plaisir. Encore des chats, et cette fois-ci plein de chatons 🙂 nous entendrons résoner dans la vallée l’énorme klaxon du paquebot, bruit plus beau que le bateau en lui-même.

Demain nous tenterons d’aller voir le mausolée de Petrovic dans le parc national Lovćen. Aventures en bus dignes d’Ostrog ? La suite bientôt !!

Grosses bises