Bonjour lectrice, bonjour lecteur,

Me voilà lovée dans une villa coloniale pour vous écrire, où j’en profite pour siroter un chardonnay. Typique me direz-vous ? Typique d’une époque, oui.

Mais reprenons au début. Hier soir après vous avoir quittés, je suis partie manger au Tigre de papier, restaurant conseillé par de nombreux guides et visiteurs à Siem Reap, en plein dans Pub Street, la rue touristique par excellence, aux mille et une lumières, bars, magasins en tous genres et surtout, pas un cambodgien assis aux tables.. Mais, têtue, je vais au bout de mon idée. He bien pas terrible ce tigre, tenu par un français qui a bien compris le business. Service rapide et correct, mais on perd toute la sérénité trouvée jusqu’alors dans la ville, on se croirait plutôt dans un des bistrots de la place du Tertre, loklak et amok en plus.. Je prends la spécialité locale, l’amok au poulet. Il s’agit en fait d’un mélange d’épices dans lesquelles la viande marine, servie dans une feuille de banane accompagné de riz. Très jolie présentation, le plat est bon mais tout va tellement vite que mon plat est vite expédié et je repars de là rapidement. En plus je dois refaire mon sac.

95PWVzekNZW3G9ZxzzvXxuhrW7W_7-hH-WZubxalB5Q

Après cet intermède Tripadvisor, revenons à nos moutons. Une nuit plus tard, je quitte donc Siem Reap en bus pour rejoindre Battambang. Etonnamment, je suis une des seules touristes avec deux coréens, le bus est bondé. Je retrouve avec plaisir le kitsch local : rideaux ondulés imprimés de grosses tulipes bleues, jaunes et violettes, brodées de dentelle, sièges en sky bordeau. Et pour agrémenter le trajet, une bonne comédie musicale locale sous-titrée version karaoke. Une soupe qui vaut largement une de nos génialissimes comédies musicales. Le trajet durant 4 heures, nous avons une deuxième projection et je suis étonnée de voir Mr Bean en voyage à Cannes, en français de surcroît. Mr Bean a du succès ici en tous cas, et il a réussi à nous faire rire entre passagers, bien que nous ne nous comprenions pas.

IZ13f_DZTAHhTGT44Aghrbz068lhZHRLKELTcSsGUCc

Nous arrivons en fin de matinée. De nombreux tuktuk attendent et en discutant, l’un deux me dit, après avoir compris que j’étais française : « ça roule ma poule ? » Ça m’a fait bien rire ! Je trouve un hôtel très chouette de l’autre côté de la rivière. Il fait une chaleur à crever mais j’ai faim, et ne restant ici qu’aujourd’hui je pars à pied à la visite du centre ville et manger un peu (un bon riz au légumes chauds par 32 degrés ça le fait non ?). L’ambiance est différente de Siem Reap, pas de sollicitations, un marché proposant une mode très différente (on quitte les sarouels éléphants pour les robes à fleurs et les chemises à carreaux), malgré une architecture et une organisation urbaine similaires. Je mange donc mon riz au marché et crève de chaud, suant littéralement à grandes eaux !

Puis, passage obligé dans cette ville, je pars à la découverte du Bamboo train, planche de bambou amovible posée sur des roues, propulsée par un moteur de scooter, qui traverse la campagne et ses rizières. 10 km aller / retour, avec une pause obligée dans un petit village commerçant où les enfants nous assaillent ! Après de nombreux refus, je rie avec quelques filles et fais même du jonglage avec leurs porte bracelets. Mais la diversion ne dure qu’un temps, elles reviennent à la charge. Faible, me disant qu’un dollar pour ces enfants sera peut-être utile, j’achète deux bracelets. Et là je commence à me faire engueuler par une des gamines, qui n’est pas contente que je ne lui ai pas achetée à elle. Doucement j’explique que c’est le jeu (ma pauv’ lucette!), mais elle s’énerve de plus en plus. Alors je m’énerve un peu aussi et tente de lui faire comprendre que je ne peux pas acheter autant de bracelets qu’il y a d’enfants… En vain je pense, elle tirait toujours sacrément la gueule quand le suis repartie. Outre ce passage, le bamboo train est une expérience sympa. Mais aucunement utilisée par les locaux aussi, comme le disent les guides.

LkRNZYhgCLHaeQVR4FHo9g6MpY7ajukeXGQn9bd-bng-GBTBAd0eo_af57UAr2wp7wv2jhZH8BxYy-Kawfb76k

Apres cela, mon conducteur de tuktuk, très sympa, me propose d’aller voir l’envol des chauve-souris. Pas vraiment emballée par ces bestioles, j’accepte pourtant car c’est l’occasion de traverser du pays. En route, nous prenons le temps de parler, et il a manifestement envie de partager. Il a un tatouage sur le bras, que les moines lui ont fait à 14 ans, mais sans machine, à la main durant 4 heures… C’est dire s’il a dû douiller le pauvre (précision nécessaire: comme apparemment beaucoup de garçons ici, il a été moine pour pouvoir étudier gratuitement). Nous passons devant devant l’ancienne maison du gouverneur français, et avec étonnement, je l’entends me dire que les français durant la colonisation ont fait beaucoup pour le pays, outre les infrastructures, ils les ont protégé. De fil en aiguille, de rizière en pagodes, nous arrivons à la grotte où vivent les chauve-souris et d’où elles partent chaque soir à 18h et reviennent chaque matin à 4h. Une cinquantaine de touristes au rendez-vous. Spectacle très étonnant : en effet, elles quittent la grotte en masse, se suivant, de plus en plus nombreuses, volant en groupe comme si elles étaient coincées dans un pipeline, et ça dure bien 20 minutes ! Finalement, je ne regrette pas d’être venue.

Ni36M-Hj_CBwAmBe9bULs8MPQwvfNuZLCknp1GIZhIc8yMNrox0twWKwxlzo7AlU3NVC5lLequ-ZqE6p01nLi8Pzu4rKW7EJ1vWRQraRXfV38z9SNdadu8c0aYpK1fNlk

De retour à l’hôtel, je cherche un endroit sympa pour me détendre et vous écrire. C’est là que j’arrive à la villa, ancienne demeure coloniale très bien restaurée (comme toutes les autres d’ailleurs).

XzoTJGBVRhWyGe1lZzvIrpaTZ75Kdd8-6Wrgn2mUiFI

Demain matin, 6h de bus direction Phnom Penh, la capitale du pays. A moi les rideaux kitsch !!!

Grosses bises et à très vite !

Je viens d’apprendre la mort des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo… Ça refroidit.